Hypnose et Confiance en Soi

Souvent, lorsqu’on parle d’hypnose, l’image qui vient d’abord à l’esprit est celle des hypnotiseurs de rue ou de spectacle. Il est évident que l’hypnothérapie telle que nous la pratiquons au quotidien n’a rien à voir avec le spectacle.

Bien entendu, certaines personnes sont davantage sceptiques ou intriguées que d’autres. C’est pourquoi la première séance est surtout l’occasion de « démystifier » l’approche, de répondre à toutes les questions, de rassurer le client, de préciser sa demande et de tester sa capacité de réponse à l’hypnose.

Ne nous y trompons pas ! La toute grande majorité de la population répond positivement à l’hypnose.

On estime d’ailleurs que seulement 10 à 15% de la population n’est pas (ou très peu) réceptive à cette technique de travail. Il nous faut toutefois être clairs sur le point suivant : Si l’hypnose s’avère très efficace dans de nombreux domaines, l’hypnothérapeute – aussi bon soit-il – n’est pas un magicien et ne possède pas de baguette magique ! Nous n’avons pas la capacité de régler quelque problème que ce soit d’un simple claquement de doigts.

En vérité, le thérapeute est surtout un « médiateur », un « outil » grâce auquel la personne parvient à mettre ses propres solutions en place. En ce sens, le thérapeute n’effectue que 20% du travail alors que le client en réalise la plus grosse partie. Le manque de confiance et d’estime de soi sont des demandes récurrentes des personnes qui nous consultent et qui peuvent devenir un véritable handicap dans la vie de tous les jours, que l’on soit enfant, adolescent ou adulte. Les personnes qui souffrent du manque de confiance en elles peuvent parfois aller jusqu’à vivre recluses, refuser de sortir de chez elles ou de voir qui que ce soit. Elles parviennent rarement à terminer leurs études avec succès et éprouvent d’énormes difficultés à s’insérer dans la société actuelle. Pour ces personnes, la recherche d’un emploi est un véritable calvaire. Et quand elles ont la chance d’avoir un job, elles se sabotent régulièrement, s’interdisant ainsi toute promotion voire même provoquent leur licenciement (ce qui renforcera encore davantage leurs difficultés).

Or, il est possible de briser ce cercle vicieux par un travail en hypnothérapie !

Le premier travail de l’hypnothérapeute, outre le fait de rassurer son client, c’est de poser les questions qui vont permettent de déterminer et de préciser l’objectif, de savoir ce que la personne désire réellement en lieu et place de son problème. Parfois, le client nous raconte un peu sa vie, son enfance, son parcours privé et professionnel mais ce ne sont pas toujours ces renseignements-là qui seront les plus utiles. Nombre de nos patient(e)s connaissent ou pensent connaître les causes de leurs difficultés et n’entrevoient pourtant pas de solutions. Notre premier travail est donc d’aider notre client à y voir plus clair dans sa propre démarche.

Il nous arrive de recevoir des personnes qui ont « testé » différentes thérapies (psychothérapie, kinésiologie, psychanalyse, … ) voire même consulté plusieurs médiums, voyants et autres « diseuses de bonne aventure » et qui en viennent à l’hypnose en désespoir de cause. Dans ce genre de situation, nous nous posons une question essentielle : « La personne a-t-elle vraiment envie de résoudre ses difficultés ? ». Il s’agit d’abord de comprendre ce qui bloque. La motivation de la personne qui nous consulte est-elle suffisamment forte pour lui permettre de travailler efficacement ? La souffrance engendrée par le problème est-elle moins importante que les obstacles à surmonter pour mettre en place des changements durables ? La crainte du changement est-elle plus importante que le plaisir d’être épanoui et responsable de sa qualité de vie ? La personne a-t-elle des bénéfices secondaires plus importants à vivre dans sa situation présente qu’à se prendre en main et à évoluer ?

Ce n’est qu’après avoir compris la situation du client dans sa globalité et après avoir répondu aux questions ci-dessus que le thérapeute peut envisager les stratégies à mettre en œuvre. Peut-être sera-t-il indispensable de travailler d’abord sur la motivation, la peur du changement ou sur les bénéfices secondaires avant de pouvoir s’attaquer à l’objectif principal du client. Dans le cas de manque de confiance et / ou d’estime de soi, nous disposons de plusieurs stratégies (« rêves » métaphoriques, ancrages, régression et jeux de rôle, …) susceptibles d’aider notre client et de lui permettre d’augmenter son estime de lui-même et de là, son « capital confiance ». Le choix de la « bonne » stratégie se précisera en fin de séance ou entre les deux premières séances de travail.

Vient alors le moment de tester la capacité du patient à entrer plus ou moins facilement en état d’hypnose.

Pour cela, nous utilisons plusieurs techniques consécutivement ou en parallèle selon ce que nous observons en temps réel. Cette phase est importante car elle conditionne la suite du travail en hypnose et le choix de la stratégie à mettre en œuvre. Une fois le patient en état d’hypnose, nous pouvons alors commencer le travail avec l’inconscient et aider la personne à implémenter les premiers changements qui seront perceptibles dans son quotidien. Le plus souvent, nous posons un « ancrage de confiance » qui permettra au client de retrouver les sensations ressenties au cours de la séance durant les jours et les semaines suivantes. Cet ancrage peut, par exemple, consister en la création d’un « lieu de sérénité », un endroit – réel ou imaginaire – auquel le client peut accéder mentalement très rapidement afin d’y puiser les ressources dont il a besoin dans des circonstances plus délicates. La séance se termine par le retour de la personne à la pleine conscience et par un débriefing sur ce qui a été vécu ou perçu au cours de la transe hypnotique de manière à ce qu’il puisse « reprendre ses esprits » et rentrer chez lui en toute sécurité.

Souvent, nos patients nous disent avoir vécu des choses « bizarres », « étranges », une sensation d’être ici et ailleurs en même temps, des émotions et des ressentis sur lesquels ils ne parviennent pas toujours à mettre des mots. Dans la plupart des cas, la personne n’a pas très envie de revenir dans le présent tant ce qu’il a vécu sous hypnose lui a procuré de bien-être et parfois, nous devons le « pousser » un peu à revenir à ici et à maintenant.

L’hypnothérapeute et son patient sont partenaires et œuvrent ensemble à la réalisation de l’objectif de la personne. Selon la problématique, la personnalité du client et sa capacité de réponse à l’hypnose, il faut en général entre trois et cinq séances de travail pour mettre en place des changements durables. Pour certains, quelques séances supplémentaires peuvent être nécessaires et parfois, ils reviennent reviennent nous voir après quelques mois pour une « piqûre de rappel » ou pour franchir une nouvelle étape sur leur chemin de développement personnel. Dans tous les cas, nous restons à la disposition de nos (anciens) patients et nous nous réjouissons avec eux à chaque fois qu’ils atteignent l’objectif qu’ils s’étaient fixé.

Jean-Didier ROSI
Hypnothérapeute – Psychopraticien – Coach
Auteur et Conférencier

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