Sale temps pour les parents !

Ah qu’il est loin ce temps où les parents dressaient, mataient les enfants pour en faire de bons petits soldats, des citoyens obéissants, aux ordres de leurs parents et de leurs patrons.

En ce temps-là, il n’y avait pas de discussion. Les enfants travaillaient très jeunes que ce soit pour aider les parents dans leur quotidien ou pour ramener un peu d’argent à la maison (souvenez-vous de Germinal d’Émile ZOLA). D’ailleurs beaucoup de familles étaient des familles « nombreuses » d’une part, parce que la contraception était pratiquement inexistante, condamnée par la morale et surtout par la religion et d’autre part, parce que les enfants constituaient le « capital retraite » des parents. De plus, avoir des enfants était naturel et on ne se posait pas la question de savoir si on en voulait ou pas. Quant aux punitions, elles étaient monnaie courante car considérées comme la bonne manière d’éduquer les enfants.

Ce mode « d’éducation » n’empêchait évidemment pas la délinquance.

Ne nous voilons pas la face : des voleurs, des escrocs, des meurtriers, il y en a eu à toutes les époques et j’ose même affirmer qu’il y en aura toujours. Des siècles durant, l’enfant n’a pas eu voix au chapitre et devait juste respecter ses parents et leur obéir. La communication entre enfants et géniteurs n’était pas le point fort de notre civilisation jusqu’au début des années 60’ lorsque Françoise Dolto[1] est venue bousculer nombre d’idées reçues en affirmant, de façon saugrenue, que « l’enfant est une personne ! ». Ses travaux ont alors initié de nombreuses recherches sur le développement cognitif et émotionnel de l‘enfant.

« Comment? Corriger un enfant quand il fait une bêtise n’est pas bon ? », « Mais qu’avez-vous dans la tête mesdames et messieurs les psychologues et pédopsychiatres ? », « C’est vous qui allez nous dire comment élever nos enfants ? », « Chercher la coopération des enfants plutôt que de les contraindre ? », « Décidément, le monde tourne à l’envers ! »

En effet, le temps de la « parentalité bienveillante et respectueuse » est arrivé !

Mais de quoi s’agit-il ? D’un nouveau jeu vidéo ?

Le monde a beaucoup changé en quelques décennies et dans la majorité des cas, nos enfants sont désirés, souhaités et attendus. La courbe de la natalité a largement baissé dans nos pays industrialisés, les familles nombreuses sont moins … nombreuses qu’au temps où Bruxelles brusselait et de nombreux couples ne deviennent parents qu’après la trentaine. Les mentalités éducatives ont évolué. Aujourd’hui, nous nous préoccupons bien davantage du bien-être et du bonheur de nos petites têtes blondes (ou brunes). Nous souhaitons tous le meilleur pour nos enfants. Et nous qui – pour la plupart – avons été élevés « à la dure », nous oscillons souvent entre laxisme et autoritarisme. Nous essayons de mieux communiquer avec nos enfants, nous leur expliquons le « Pourquoi » des règles. Et lorsqu’ils ne les respectent pas, nous tombons très vite dans le cercle vicieux des cris, des punitions, du chantage et des menaces … Nos enfants ne nous écoutent plus comme avant et lorsqu’ils arrivent à l’adolescence, ils remettent notre autorité parentale en question et parfois, nous font vivre un véritable enfer …

Eh oui, sale temps pour les parents car nos héritiers ne sont plus ces petits enfants qui obéissaient au doigt et à l’œil. Les temps changent !

Avant de céder au désespoir, pensez à l’incroyable chance que nous avons, nous parents, d’évoluer et de ne pas reproduire sur nos enfants les traumatismes que nous avons subis lorsque nous étions petits. Finalement, la baffe ou la punition que le gamin reçoit, n’est-ce pas une façon de lui montrer qu’un plus fort peut sans impunité frapper un plus petit, un plus faible ? N’est-ce pas la preuve que nous appliquons le « loi du plus fort » ? Et quand, excédés, nous hurlons à nos enfants de cesser de crier, sommes-nous congruents ? Quel exemple leur montrons-nous ?

La parentalité bienveillante est une « philosophie de vie » qui permet d’éduquer ses enfants en favorisant leur développement psychomoteur, affectif et social. Elle apporte aux parents de nombreux outils et connaissances pour mieux accompagner les enfants vers leur épanouissement. Que vous adhériez ou pas à ce concept, que vous doutiez ou pas des résultats, ces méthodes éducatives issues de la parentalité bienveillante nous permettent en tout cas de réfléchir à notre rôle de parent, à l’éducation que nous voulons donner à nos enfants pour en faire des adultes responsables, autonomes et surtout, des adultes qui ont confiance en eux et qui communiquent de manière plus authentique pour avancer dans la vie.

La parentalité bienveillante permet une meilleure communication et une réelle coopération entre parents et enfants. Le cadre existe toujours. Il y a juste un équilibre entre autoritarisme et laxisme pour une plus grande sérénité des parents et un plus grand respect des enfants.

Si vous désirez vous former à cette nouvelle parentalité, Je vous propose des ateliers pour répondre à toutes vos questions et vous accompagner dans votre quête du « juste équilibre » dans votre rôle de parent.

(1) Françoise DOLTO : Psychanalyste et pédiatre française (1908-1988)

Sylvie FLAHAUT
Hypnothérapeute – Psychothérapeute – Coach
Auteure et Conférencière

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