Sevrage Tabagique

LE SUBSTITUT NICOTINIQUE EST-IL VRAIMENT EFFICACE POUR SE LIBÉRER DU TABAC ?

Les premiers substituts nicotiniques sont apparus dans les années 70’s sous la forme de gommes à mâcher avant d’être produits sous d’autres formes et notamment en patches cutanés à partir de 1990. Depuis cinquante ans, des millions de personnes à travers le monde ont utilisé ces substituts dans l’espoir de se libérer de la dépendance au tabac. Mais ces produits sont-ils réellement efficaces ou s’agit-il de « leurres » ?

Ce post n’est évidemment pas une étude scientifique et je n’ai aucune qualité à savoir si les fabricants de substituts nicotiniques sont animés par leur volonté d’aider les fumeurs à changer leurs comportements ou si d’autres motivations entrent en ligne de compte. Ce n’est d’ailleurs pas ce qui importe ici. Je voudrais juste revenir aux faits :

  • L’homme moderne (homo sapiens) a foulé notre planète pour la première fois il y a deux cents à trois cent mille ans. Quant à Cro-Magnon, notre ancêtre direct, il parcourait déjà les vallées de la Dordogne (France) il y a plus de trente mille ans.
  • L’usage du tabac sous toutes ses formes – donc l’absorption de nicotine – ne s’est répandu dans le monde qu’après 1492, soit il y a à peine plus de cinq cents ans.

Lorsque je mets ces deux faits en parallèle, j’en conclus tout naturellement que notre espèce a (plutôt bien) vécu pendant quelques trente millénaires au moins sans avoir besoin de nicotine.

Si certaines « légendes urbaines » continuent de courir sur l’effet de manque qui compliquerait l’arrêt du tabac durant des semaines et « obligerait » de nombreux fumeurs à reprendre très vite leur consommation, on sait aujourd’hui qu’en réalité, notre organisme nettoie toute trace de nicotine dans le corps dans un laps de temps qui va de huit à vingt-quatre heures. En d’autres termes, au maximum 24h après avoir fumé une dernière cigarette, votre corps s’est totalement libéré de toute trace de nicotine. Vous me suivez jusque-là ? Bien, alors poursuivons !

Puisqu’il n’y a plus de nicotine dans votre corps après une journée, l’effet addictif de cette nicotine disparaît lui aussi. Donc, un jour seulement après la dernière cigarette, votre corps ne réclame plus de nicotine d’autant que nous avons vu que l’homme a vécu très longtemps sans tabac, ce qui démontre bien qu’il n’a pas « besoin » de nicotine pour vivre. Mais qu’est-ce que la nicotine exactement et comment crée-t-elle une dépendance ?

La nicotine est un psychotrope présent dans le tabac et qui est utilisé comme stimulant. La nicotine agit donc sur notre cerveau en favorisant la libération de dopamine, un neurotransmetteur – classé parmi les « hormones du bonheur » – impliqué dans le contrôle moteur, l’attention, le plaisir et la motivation, le sommeil, la mémoire et la cognition. La dopamine est libérée dans notre organisme chaque fois que nous vivons une expérience qui est associée au « plaisir » par notre cerveau. La nicotine crée donc une addiction au travers de la libération de dopamine. Pour dire les choses plus simplement, l’absorption de nicotine, que ce soit en consommant du tabac ou en utilisant un substitut nicotinique, va stimuler notre bien-être général en libérant de la dopamine. Après quelques (dizaines de) minutes, le taux de dopamine redescend et notre sensation de bien-être également. Donc, on reprend de la nicotine pour restimuler la libération de dopamine et le bien-être. Et voilà le cercle vicieux de l’addiction !

Qu’en est-il alors des substituts nicotiniques ? Ne maintiennent-ils pas l’utilisateur dans une forme de dépendance ?

Si on en croit les nombreux articles publiés sur internet, les substituts démontrent une réelle efficacité dans l’aide au fumeur qui choisit de se libérer du tabac. Je pense que si on peut reconnaître un effet à ces produits, c’est de permettre un changement d’habitude dans le comportement de la personne, de casser le geste machinal qui fait que le fumeur prend une cigarette et la fume … presque sans s’en rendre compte. Après tout, le sevrage tabagique, c’est juste remplacer une habitude (fumer) par une autre (ne pas fumer). J’ajoute aussi que ces substituts ne contiennent pas les quelques 4000 substances toxiques présentes dans le tabac à fumer (goudron, monoxyde de carbone, mercure, plomb, …).

En revanche, et même si les doses de nicotine présentes dans les substituts sont plus faibles que celles que l’on retrouve dans le tabac, la personne qui les utilise continue d’alimenter son organisme en nicotine et donc maintient une certaine dépendance physiologique. Le risque de rater son sevrage lorsqu’on utilise des substituts nicotiniques me paraît d’autant plus important que notre corps était jusque là habitué à une plus forte dose de nicotine favorisant une plus forte libération de dopamine et une plus forte sensation de bien-être. Le « besoin » de retrouver le même bien-être que celui qu’elles ont connu conduit de nombreuses personnes en sevrage à augmenter les doses de nicotine en augmentant le nombre de substituts, en combinant substituts et tabac ou en reprenant le tabagisme comme avant, ce qui va encore renforcer le cercle vicieux de l’addiction.

Y-A-T-IL D’AUTRES SOLUTIONS POUR RÉUSSIR UN SEVRAGE TABAGIQUE ?

Bien entendu ! il existe plusieurs autres solutions. Certaines favorisent l’utilisation de produits pharmaceutiques, d’autres utilisent des techniques plus naturelles comme les thérapies cognitivo-comportementales, l’homéopathie, l’acupuncture ou l’hypnose. Et c’est ici que j’interviens quotidiennement.

En tant que praticien certifié en hypnose, je reçois chaque année des centaines de personnes qui désirent se libérer de leur addiction au tabac. Il y aura toujours des détracteurs qui diront que l’hypnose est une « charlatanerie » et que les hypnothérapeutes sont des « escrocs ». Je n’ai aucune envie d’entrer dans ce débat. Chacun est libre de penser de qu’il veut ! Il n’en reste pas moins que je constate dans ma pratique quotidienne que 60% de mes patients arrêtent totalement de fumer après seulement deux ou trois séances, que 20% d’entre eux ont besoin de 4 à 5 séances et qu’ils ne sont que 20% à ne pas atteindre leur objectif lors de cette (première) tentative de sevrage. Quant au taux de réussite à un an, il atteint 75% ce qui veut dire que parmi les personnes qui m’ont consulté, 60% n’ont pas repris le tabac après un an. Il me semble que ce n’est pas si mal, après tout ! Surtout si on tient compte de l’absence totale d’effets secondaires dans le cas de l’hypnose.

Pour terminer cet article, je dirais que différentes méthodes et techniques permettent de soutenir efficacement les personnes qui choisissent de se libérer du tabac. L’important est de choisir celle qui vous conviendra le mieux en toute connaissance de cause.

Jean-Didier ROSI est thérapeute, praticien certifié en hypnose, coach et formateur. Il vous reçoit dans son cabinet montois du lundi au samedi et propose également des séances à distance par visioconférence.

Plus d’infos : info@actium-mons.be ou 32.(0)474.683.008

Vous voulez vous libérer de la dépendance au tabac ?

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